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Le Mastering: 6 différences fondamentales qui le séparent du mixage

QU'est-ce que le mastering

Le terme “Mastering” dans la phase de production musicale est relativement incompris. Ce n’est pas juste rendre le tout plus fort. Ce n’est pas non plus un mystérieux tour de magie qui transforme un mixage amateur en hit planétaire.

La production d’un morceau de musique, tout comme n’importe quel produit, passe par différentes phases: pré-production → production → post-production.

Au sein de ces phases, on peut y distinguer différentes étapes: L’enregistrement, l’édition, l’arrangement sont des étapes de la production; le mixage et le mastering de la post-production.

Simplement dit, le mastering est le procédé technique final d’adaptation du mixage à son support final, mais aussi aux spécificités du genre musical.

Alors, en quoi cette étape de la post-prod est si différente du mixage? Pourquoi doit-elle être absolument différenciée?

Le but de cet article est de te présenter, en 6 points essentiels, ce que tout producteur musical se doit de bien comprendre. Si tu clarifies les exigences de cette dernière étape, tu seras capable d’adapter ta façon de produire et tes stratégies de mixage en conséquence et ainsi éviter les erreurs courantes.

1) Sa place dans le processus de production

L’évolution des technologies numériques a contribué à la réalisation possible du mixage en même temps que la production. Mais cela n’est pas sans inconvénients car le mixage est une discipline professionnelle à part entière qui demande des compétences et des outils différents du simple musicien/producteur (voir l’article à ce sujet).

Bien que le mixage soit fortement dépendant de la phase de production, il se doit d’être bien séparé de cette dernière pour des résultats optimaux. 

Il en va de même entre le mixage et le mastering! Ce sont encore deux disciplines différentes (voir les points suivants) qui se suivent dans le processus de production.

Deux étapes distinctes

Tout comme le mixage est dépendant de la qualité de la production, le mastering est fortement dépendant de la qualité du mixage final. Ceci va impliquer deux choses:

  • le mixage se doit d’être optimal avant d’être envoyé en mastering
  • traiter la piste Master dans la même session que le mixage n’est pas vraiment du mastering
Obtenir un mixage techniquement irréprochable

Une question à se poser au début d’une session de mastering est: “Est-ce qu’il y a des problèmes dans le mixage que je ne peux pas résoudre au mastering?” Ce que l’on peut faire avec un simple fichier stéréo est très limité comparé à une session complète de mixage (voir le point 4.). Une rapide modification dans le mixage sera bien plus efficace que de tenter de faire ce qu’on peut de mieux dans une mauvaise situation en mastering. Il est donc crucial de bien vérifier les points suivants si tu veux arriver à un mixage techniquement irréprochable:

  •  Les pics de volume du Master “tapent” à -6 dB max. Cela donne assez d’espace ou “headroom” au mastering pour faire des ajustements en EQ notamment;
  • Le mixage garde une bonne dynamique (pas de limiteurs sur le Master/Output). Cela garde les transitoires intactes pour la clarté et le punch (voir point 5.);
  • L’équilibre en volume des instruments entre eux est comparable à d’autres morceaux du même genre qui servent de référence;
  • L’équilibre en hautes et basses fréquences est comparable aux références;
  • L’écoute en Mono est bonne et les éventuels problèmes de phase écartés;
  • Tu as bien écouté comment sonne ton mixage final sur divers supports (moniteurs de studio, de voiture, écouteurs, casque, smartphone, … plus il y en a mieux c’est).
Traiter la piste Master dans la même session que le mixage n'est pas du mastering

Bien sûr, ce procédé de mastering a évolué au fil des années. Il y a 50 ans les mixages arrivaient par bandes analogiques et la destination finale était ni plus ni moins que le vinyle. D’autre part, l’un des objectifs du mastering est aussi de rassembler une série de morceaux pour en faire un album entier cohérent. Hors aujourd’hui, la sortie d’un seul “single” est de loin le plus prisé par rapport à un album ou EP. Et le format final est certainement un fichier WAV ou AIFF destiné à des plateformes de téléchargement ou de streaming.

Ainsi, bien que l’ingénieur de mastering doit souvent se contenter de travailler sur un seul morceau plutôt qu’une collection de chansons, cette étape va au-delà d’une simple formalité technique. Les artistes attendent d’un mastering qu’il améliore radicalement le son de leur mixage. Les ingénieurs de mastering se sont alors adaptés pour répondre aux besoins de leurs clients.

Tout ceci a contribué à rendre la frontière entre mixage et mastering encore plus floue. Néanmoins, pour tout un tas de raisons, il est primordial de séparer bien distinctement les deux disciplines.

Une paire d'oreilles différente

L’une des raisons majeure à cela est que l’ingénieur de mastering possède un énorme avantage à ne rien connaître d’une quelconque difficulté rencontrée lors du mixage. Par exemple, si tu as passé des heures en mixage à essayer de corriger la tonalité d’une caisse claire, il y a de fortes chances que tu en sois affecté (même inconsciemment) lors du mastering.

C’est pourquoi cette dernière étape nécessite de se rafraîchir les oreilles avant. Dans l’idéal, la personne réalisant le mastering sera différente du mixeur. Ce dernier, désencombrer de toute considération lors du mixage, est capable de simplement répondre “Oh il y a trop de fréquences autour de 200 Hz” et ajuster en conséquence.

Si tu ne peux pas te procurer une différente paire d’oreilles, tu peux au moins te les rafraîchir en planifiant le mastering plusieurs jours après. Plus longue sera la pause, moins tes décisions de mastering seront polluées par ta mémoire de mixeur. Tu peux aussi prendre ton temps à écouter le mixage dans des endroits différents (voir précédemment).

Un ingénieur de mastering requiert une attention et une expérience qu’aucune autre personne dans le processus de création musicale ne possède. C’est la dernière chance de modifier le son et de détecter les erreurs. Les décisions prises à ce stade sont ce qui apparaît sur toutes les copies et duplications futures du morceau!

2) L'utilisation des outils de traitements

Le mastering utilise pour la plupart les mêmes outils de traitement audio que le mixage. Tu vas utiliser des EQ, compresseurs et limiteurs et changer des niveaux sonores. Mais les similarités s’arrêtent là. Les objectifs étant très différents, leur utilisation en est de même.

L'effet du nombre d'instruments traités

Imagines utiliser un EQ et bouger d’un demi-décibel sur une seule piste. Tu ne vas pas entendre beaucoup de différence, n’est-ce pas? Mais en mastering, si tu fais un traitement EQ avec un changement aussi faible qu’un demi-dB, c’est en fait une différence monumentale! En effet, ce changement, que tu effectues sur la piste Master Stéréo, est équivalent à faire le même traitement EQ sur toutes les pistes individuelles du mixage!

Au mixage, cela peut facilement arriver d’enlever 10 dB dans les basses fréquences par exemple pour faire en sorte que l’instrument se place bien dans le mix. Au mastering, les mouvements sont nettement plus subtils (un demi dB, peut-être jusqu’à 3 dB grand max). Essaies de faire un changement de 10 dB au mastering et écoutes la différence!

Si un changement de plus de 3 dB est nécessaire, c’est que le mixage n’est pas optimal: revenir au point 1).

Une autre différence de pratique pour les EQ est que les changements appliqués en mastering se font généralement avec des paramètres de pente beaucoup plus douce et de largeur de bande (Q) beaucoup plus ample.

Dans le cas des traitements sur la dynamique, il en est de même. Le ratio d’un compresseur dépassera rarement 2:1 en mastering (le limiteur étant un cas particulier) sous peine de détruire complètement l’équilibre dynamique ou tonal si durement recherché jusque là. Alors qu’en mixage il est courant d’appliquer des ratios entre 4 et 10 voire plus.

Optionnel en mixage, indispensable en mastering

Ensuite, certaines options qui ne sont pas forcément utilisées en mixage se révèlent incontournables en mastering:

Emulations analogiques

A l’heure du numérique, les mixages se réalisent de plus en plus “in the box”, c’est-à-dire tous les traitements dans l’ordinateur dans le “monde numérique”, sans passer par un quelconque appareil analogique.

Le mastering est l’étape ultime qui fait encore front au tout numérique. Mise à part le mastering en home studio, tout studio de mastering professionnel sérieux possède des racks d’appareils analogiques qui n’ont toujours pas forcément d’équivalent numérique pour donner ce caractère et cette chaleur si particulière à la musique. Un studio de mastering se doit donc d’être équipé de convertisseurs analogique-numérique de très hauts de gamme.

Néanmoins, si on a pas les moyens de s’octroyer ce genre d’appareil coûteux, nombres de plugin dit d’émulation analogique sont de plus plus aptes comme alternative. Ils deviennent donc des outils de prédilection en mastering, tels que l’emploi d’EQ dit passifs, du fameux effet “glue” d’un compresseur ou encore des émulations de saturateur à bandes.

Multi-bandes

L’utilisation de plugins en mode multi-bandes (typiquement un compresseur multibande ou un EQ dynamique) permet une plus grande flexibilité et précision dans les traitements. Cependant, ce n’est pas sans compter des risques d’effets secondaires (voir ci-après).

Ce sont donc des outils à utiliser avec précaution et préférentiellement à l’étape du mastering seulement.

Phase linéaire et sur-échantillonnage

Tout traitement de filtrage des fréquences entraîne des défauts de phase. Ceux-ci peuvent s’avérer plus ou moins critique en mastering. L’emploi d’un EQ dit à “phase linéaire” permet parfois d’atténuer ces défauts. Le mieux est de pouvoir comparer avec et sans.

Pareil pour l’emploi de compresseur multi-bandes: il est préférable qu’ils soient de type “linear phase” par rapport à ces défauts de phase apparaissant à l’endroit où les bandes de fréquences se croisent (“crossovers”).

Enfin, dans les plugins de traitement sur la dynamique, l’option de sur-échantillonnage (“oversampling”) permet de réduire des artefacts (harmoniques additionnelles) engendrés par des compressions à un stade avancé du traitement sonore (typiquement lors du mastering).

Mid/Side

Contrairement au format stéréo classique (L/R), le format Mid/Side permet de différencier la partie Mono du signal (donc le “Mid”) de sa partie qui contribue exclusivement à la stéréo (les “Sides”) et donc la largeur (voir cet article qui explique plus ce qu’est la différence entre mono et stéréo).

Ceci a donc des avantages énormes en mastering où le contrôle de la largeur stéréo suivant les zones du spectre peut s’avérer délicat, voire même critique pour un format final comme le vinyle.

Outils de mesure

Enfin, plus on se rapproche de la fin du chemin de traitements sonores, plus la subtilité est de mise et la précision des mesures qui va avec. Notamment avec l’utilisation finale du limiteur:

L'utilisation du limiteur

Le traitement fondamental en mastering passe par l’utilisation du limiteur. Pour faire court, il sert en effet à optimiser le niveau final du morceau (voir le point 5. à ce sujet).

Cest la dernière pièce du puzzle en production musicale, le dernier plug-in à travers lequel la musique va passer avant de sortir officiellement. Et son emploi est donc radicalement différent de son utilisation en mixage (si jamais on en a l’utilité).

Tous les types de limiteur ne fonctionnent pas de la même manière. En mastering, un limiteur doit au minimum fournir des paramétrages de gain d’entrée, de sortie, d’attaque et de release, ainsi qu’un mode ISP (“Inter-sample peak” qui est lié au 0 dB “True Peak” de la conversion numérique vers analogique).

En conjonction avec le limiteur sont donc utilisés des outils de mesure des niveaux spécialement étudiés pour cela (LU, LUFS, True Peak, PSR, PLR, Crest Factor, Dynamic range…)

Quid de la DAW à utiliser

Au niveau le plus élémentaire, à peu près n’importe quel logiciel DAW hébergeant des plug-ins et disposant de bonnes options d’édition est alors approprié pour le mastering.

Mais en fonction du format de sortie de la musique et de la stratégie de distribution, un ingénieur de mastering travaillera avec des programmes supplémentaires pour créer une documentation sur le Master. Aujourd’hui, avec le Web comme canal de distribution le plus populaire, les ingénieurs soumettent un conteneur de métadonnées à des plates-formes de diffusion en continu comprenant le nom de l’artiste, les noms de chansons, la durée de la piste, etc…

3) L'environnement acoustique

Le lieu de travail

Un mastering professionnel est traditionnellement réalisé dans une salle de mastering dédiée. Et cette salle est spécifiquement traitée acoustiquement pour cela.

Cela est fondamental. D’abord parce que même avec la paire d’enceintes les plus chères du monde, elles ne conviendront pas dans un endroit non traité. Ensuite parce que l’ingénieur de mastering doit être capable d’identifier immédiatement des problèmes qui peuvent être occultés au mixage à cause des défauts de monitoring (système d’écoute + acoustique de la salle).

Si tu t’es déjà rendu dans un tel studio, tu auras pu constater le calme qui y règne. C’est essentiel pour distinguer les éventuels bruits parasites d’un fichier audio diffusé dans l’environnement ambiant. Tu ne peux tout simplement pas entendre le détail le plus silencieux d’une chanson s’il y a un bourdonnement de chauffage ou de frigo à l’arrière-plan, une conversation audible dans la pièce et le trafic à l’extérieur. Et en tant que dernière personne dans le processus de création avant la distribution et la réplication, un ingénieur en mastering ne doit pas compter sur ces aléas!

Une telle salle est également bénéfique pour le mixeur, mais ce dernier est généralement plus mobile. Beaucoup de mixeurs jouent le rôle de producteurs et se retrouvent mutés d’un studio à l’autre pour travailler avec des artistes sur un projet.

Le type de système d'écoute

Dans le cas d’un mixage, la précision de l’écoute est évidemment importante. Mais on est moins regardant qu’en phase de mastering. Le mixeur doit surtout se soucier si son mixage se traduit bien dans divers environnements de diffusion pour résoudre les problèmes d’équilibre tonal. Pour cela, il basculera régulièrement entre différentes paires de moniteurs (trois idéalement), ainsi que son casque, puis de n’importe où avec des écouteurs bas de gamme ou dans sa voiture.

Ce genre de basculement ne se produit pas en mastering. On y trouve une seule écoute (enceintes sur des pieds, comme dans un salon) et elle est en béton armé!

Cela va donc de pair avec le traitement acoustique de la pièce. L’ingénieur de mastering connaît son système d’écoute par coeur, c’est son point de référence.

Le niveau d'écoute

Enfin, qui dit point de référence, dit volume de référence. Il est primordial en mastering de précisément le calibrer car de cela dépend la précision de l’équilibre tonal et d’intensité voulu.

Il faut savoir que l’ingénieur de mastering peut jongler avec plus de 200 productions différentes en un an! Il serait alors très difficile d’établir une impression de fluidité d’une chanson à l’autre si une nouvelle configuration était utilisée toutes les heures.

Alors q’un ingénieur de mixage peut s’immerger dans un seul style musical pendant un ou deux mois. Donc, contrairement au mastering, écouter à différents volumes lui permet d’appréhender le style sous tous les angles. Par exemple à bas volume, ce qui ressortira le plus ce sont les éléments auxquels on attache le plus d’importance.

4) Le nombre de pistes audio à gérer

Le projet multi-pistes

Une fois la phase d’enregistrement/création/arrangement terminée, le morceau passe en phase de mixage sous la forme d’une session complète sur laquelle le mixeur pourra travailler tous les instruments. Cela peut être une petite session avec une douzaine de pistes ou une session de plus de 100 pistes avec des voix doublées, harmonies en plusieurs parties et autres arrière-plans.

En fin de mixage, toutes les pistes sont rendues en une seule piste Master stéréo. Ce procédé s’appelle faire un “bounce” du projet.

La piste Master Stéréo

Les ingénieurs de mastering, quant à eux, apportent la touche finale au projet à partir de ce seul fichier stéréo. La restriction de ce format de fichier fait partie de ce qui rend la phase de mixage (et les phases de production et d’enregistrement qui la précèdent) si importante: il n’y a que très peu à faire avec un enregistrement stéréo. 

Un exemple d’un problème irréversible sur un fichier stéréo serait que la voix sonne trop “étouffée” pendant que les Hi-Hats sont trop agressifs dans la même zone fréquentielle. Un boost avec un EQ pourrait arranger la voix mais empirerait les hi-hats.

Les ingénieurs de mastering ne peuvent pas participer à un projet pour sculpter une grosse caisse, filtrer un synthé ou démasquer des parties vocales. Ils apportent des ajustements et des améliorations à l’ensemble du mixage, en tenant compte de la vision de l’artiste et des normes du marché.

Les Stems

Une autre pratique du mastering qui a gagné en popularité est le Stem mastering. Cela consiste simplement à réaliser le mastering non plus à partir de la seule piste Master mais à partir de plusieurs sous-groupes stéréo (que l’on appelle donc “stems”) créés dans ce but.

Cette pratique a pour origine le fait que les américains masterisent fréquemment avec la piste regroupant les voix séparée du reste de l’instrumentation. Puis, notamment dans le Hip Hop, cela a évolué avec également les piste du Kick et de la basse séparées du reste.

Cela donne beaucoup plus de flexibilité et de contrôle au mastering pour traiter plus précisément certains éléments primordiaux au genre musical.

En général, on se limite à 6 stems maximum sinon ce n’est plus du mastering. On peut vite tomber dans le piège de vouloir refaire un mixage qui n’est pas déjà parfait (voir le point 1). Un exemple des 6 catégories représentant les stems:

  1. Voix (Lead et Backings)
  2. Effets, sweeps, drops…
  3. Kick
  4. Basses et tous éléments de basse
  5. Drums top (snare, hihats, cymbale, toms, percus)
  6. Le reste de l’instrumentation (Guitare, piano, strings, synthés, …)

5) Les objectifs de niveaux à atteindre

L’approche des niveaux sonores n’a rien à voir entre le mixage et le mastering.

"Headroom" et "gain stagging"

La préoccupation principale en phase de mixage sera de garder assez “d’espace” entre les pics de volume et le 0 dBFS sur la piste Master en vue du mastering. Cette différence entre le niveau du son le plus fort et le maximum autorisé pour un système numérique (0 dBFS = décibel “Full Scale”) est ce que l’on appelle le “headroom” (voir point 1) sur l’optimisation du mixage).

Pour cela, les niveaux le long du cheminement du signal sur toutes les pistes doivent être surveillés afin de ne pas “entrer dans le rouge” (c’est ce que l’on appelle communément faire du “gain stagging”). Tout l’art du mixage (entre autre) est de bien équilibrer les niveaux de toutes les pistes en conséquence.

"Dynamic range" et "Loudness"

En phase de mastering, l’objectif est tout autre. Le travail se situant maintenant sur une seule piste stéréo, on voudra rapprocher au maximum les pics de volume du 0 dBFS. Mais pas que! Il faut aussi considérer la différence entre niveau moyen (RMS) et les pics (la plage dynamique), ainsi que le volume ressenti global (le Loudness), etc… Le sujet ici n’est pas de rentrer dans ces détails qui feront l’objet d’autres articles.

Saches seulement que l’un des objectifs principaux du mastering est d’adapter le niveau perçu du morceau de manière optimale avec son support final. Par exemple, il faut se demander si le niveau final est optimisé pour la plateforme de distribution SoundCloud ou bien Spotify? Pour du jazz des années 70 ou du Métal?

Tout cela implique un travail et des mesures extrêmement plus précises que lors du mixage. C’est là que l’utilisation du limiteur notamment est différente et capitale en mastering (voir le point 2. précédemment).

6) L'organisation de travail et le temps imparti

De ce point de vue, les deux étapes demandent une organisation à toute épreuve. Mais elle ne se traduit pas de la même manière pour l’un et l’autre. Bien que je ne puisse pas parler pour tous les ingénieurs de mixage et de mastering, il existe certaines différences majeures dans le flux de travail entre ces disciplines, quel que soit le genre.

La routine du mixeur

Etant donné que les mixeurs reçoivent plusieurs pistes, une partie de leur travail, du moins au tout début, est de nature organisationnelle: nomination et codage par couleurs, classement hiérarchique dans une DAW et création de groupes d’instruments et de sous-mixages…

Une fois que cela est fait, un mixeur procédera à des tâches plus ou moins techniques et créatives (filtrage de fréquences, mise en forme des transitoires, automatisation des effets…). Toutes ces tâches sont plus ou moins intégrées dans une routine de travail pour le mixeur s’il est bien organisé et que le morceau en question rentre dans son genre de prédilection.

En fonction de la qualité de la session donnée au mixeur (qualité des prises, pistes audio bien nommées et routées…), un mixage complet peut durer de quelques heures à quelques jours.

Cet investissement de longue durée nécessite que les ingénieurs de mixage développent une routine pour rester concentrés et éviter la fatigue auditive. Est-il judicieux de commencer par les voix? Ou la batterie? Dois-je laisser les tâches que j’aime le moins jusqu’au bout ou devrais-je les traiter d’abord?

Le système d'écoute parfait au mastering

Les ingénieurs de mastering doivent également être organisés, mais j’ai envie de dire que cette organisation se situe bien en amont de la séance en elle-même. En effet, le gros du travail d’un ingénieur de mastering est d’établir et connaître à la perfection son système d’écoute (voir le point 3. précédemment).

Pendant la séance, une fois les appareils bien calibrés, le travail consiste essentiellement à écouter et savoir repérer immédiatement ce qui pourrait clocher.

Une session de mastering typique pourrait ressembler à ceci:

1. Écoute critique: de quoi a besoin cette chanson pour atteindre les standards du marché et du genre? Faut-il réellement changer quelque chose? Comment organiser le cheminement du signal?

2. Définir les niveaux de la chanson en fonction du genre, du caractère et du format de sortie.

3. Appliquer une correction générale d’EQ et compression pour améliorer l’équilibre tonal, tout en comparant le master avec une version de référence au gain adapté.

4. Réfléchir à la manière dont les chansons individuelles d’un EP ou d’un album fonctionnent ensemble. Le caractère et le volume de chaque chanson sont-ils uniformes et cohérents?

5. Préparer les paramètres d’exportation en fonction du format d’écoute. Cela peut impliquer l’ajustement des niveaux pour la conversion, le ré-échantillonnage et l’écriture d’un rapport.

Les modifications créatives qui se produisent pendant la phase de mastering sont plus subtiles que celles de la phase de mixage (la plupart des modifications d’égalisation sont d’environ 1 dB vers le haut ou vers le bas). Mais comme ils sont créés dans un fichier stéréo, il y aura des conséquences inattendues qu’il faut écouter. Une coupure dans le bas du spectre a-t-elle en quelque sorte ajouté de la largeur dans la plage de présence?

En fonction de la qualité du mixage arrivant au studio de mastering, le processus complet dure rarement plus d’une heure. Un album complet peut donc être terminé en une journée.

Conclusion

J’espère avoir contribué à t’éclaircir les idées sur toutes ces phase dans la production d’un morceau de musique.

Tu comprends maintenant à quel point il est important de bien séparer les tâches à effectuer et de bien se construire une routine de travail sur le long terme si jamais tu tiens à réaliser la post-production par toi-même.

Le mastering audio en particulier n’est pas à prendre à la légère. C’est l’étape ultime qui a encore de bonnes raisons d’être sous-traitée étant donné les outils et les compétences nécessaires à son exécution.

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